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Biographie- Juliette Daum

 

 

Je suis née en Août 1984 dans une maison en rondins de bois que mon père a construit au bord du Red Cedar Lake dans le Wisconsin. Je suis la dernière d’une famille de sept personnes. Quand j’avais trois ans, ma mère décéda suite à un cancer et j’ai été élevée par mon père William et ma belle-mère Vicki.

Quand j’étais petite, je chantais tout le temps, surtout dans la voiture. J’inventais des mélodies. Pas bien construites, plutôt des sons abstraits et bizarres emmelés ensemble. Ils n’avaient pas de sens pour les autres mais ils en avaient pour moi car j’ai continué pendant quelques années.

Je n’ai commencé à jouer d’un instrument qu’un peu plus tard, tout d’abord avec la flute puis le violon ensuite. Une de mes sœurs qui habitait à Prague m’a achetée un très beau violon sur lequel était gravé une tête de lion. J’aimais bien joué avec mais j’avais quelques difficultés à trouver les bonnes sonorités, un peu comme quand je chantais quand j’étais petite.

En apprenant à jouer du violon, je jouais des fausses notes. Les sons que je produisais ont failli rendre ma mère folle. Pour la sauver, mon père m’a alors donné un concertina afin de m’apprendre la musique classique. Le concertina a le même nombre de notes que le violon, sauf que les notes sont fixées par l’accord et ne peuvent varier que légèrement en jouant sur la pression du soufflet. Cela m’a beaucoup aidée pour jouer la musique classique, que j’ai commencé à aimer autant que les étranges sons qui sont encore en moi. C’est un peu comme parler différentes langues. Je pense que d’une certaine manière cela influence ce que je fais et ce que j’entends quand je joue.

J’ai participé à différents concours de musique dans le Wisconsin en 1999. Je reçus une très bonne note pour mon jeu , bien que le jury n’avait jamais eu de joueur de concertina.
A 16 ans, j’ai eu mon baccalauréat et je reçu une petite mais très importante bourse d’étude de Music Boosters  à Ashland, la ville où j’habitais dans le Wisconsin.

Je partis donc étudier la musique au Pays-Bas, au conservatoire Fontys à Tilburg où ils proposaient un programme d’étude pour le concertina dit  «classique ». En même temps je prenais des cours dans une école d’Art à Tilburg. J’ai ensuite proposé ma candidature à l’Académie des Beaux Arts de la Hague. J’ai été acceptée et j’y ai étudié pendant deux ans. Durant cette période je n’ai pas joué le concertina suite à une mauvaise expérience avec un professeur du conservatoire de musique.

 

 

 

Je me débrouillais pour vivre en posant lors de cours à l’école d’Art, en peignant des murs, en dessinant et en réalisant des vêtements, en faisant du baby-sitting, de l’illustration ou d’autres petits boulots. Mon père était malade et ne pouvait pas travailler à plein temps et bien que mes parents m’aidaient autant qu’ils pouvaient, ce fut une période difficile pour nous tous.

Ainsi par manque de moyens, je quittais en 2005 l’académie d’Art, pour retourner chez mes parents installés en France. Mon père m’encouragea alors à reprendre le concertina.
En participant à un festival d’accordéon, j’entendis jouer Nathalie BOUCHE. Elle était directrice d’une école d’accordéon qui n’était pas très loin de chez nous. J’y ai étudié pendant plusieurs mois notamment avec Sébastien FARGE, un excellent joueur et compositeur qui m’a encouragé à jouer dans un style que je pratique désormais. C’est lui qui a eu l’idée de me faire jouer plus de notes en même temps sur le concertina. Les quelques leçons que j’ai reçu de lui ont été d’une importance capitale dans ma pratique de cet instrument.

 

Lorsque mon père m’entendit jouer de cette façon, il réalisa que je pouvais jouer le concertina d’une façon qui n’avait probablement jamais été tentée. Il m’a alors fait découvrir les répertoires de la guitare classique et de la lute que j’ai aimé apprendre bien que cela fut difficile.

Malgré un problème nerveux dans ses mains qui l’empêche de travailler et de rejouer d’un instrument, ses nombreuses années d’expériences l’ont aidé à me communiquer des idées surprenantes sur la musique. Il est persuadé que la Musique et toutes les autres formes d’Art sont la vraie magie de ce monde.

Mon père est également d’une aide précieuse en tant que professeur et il est très doux dans sa façon de m’aider pour améliorer mon jeu. Il me met en garde contre les répétitions à outrance et m’encourage à développer chaque jour mes autres centres d’intérêt, de façon à apporter plus de personnalité à mon jeu et à mes interprétations.

Je continue donc mon travail d’artiste, j’aime jardiner, les balades, et particulièrement cueillir des champignons ; j’aime faire du vélo, nager, cuisiner, dessiner et coudre des vêtements. J’essaie de manger le plus équilibré possible et je ne bois pas d’alcool ni ne prends d’autres drogues car je ne peux pas jouer le concertina de façon si complexe sans un esprit clair. Certains le peuvent peut-être , pas moi.

J’aime jouer dans la rue car cela me donne l’occasion de rencontrer les gens et de voir comment ils réagissent à ma musique. C’était vraiment effrayant au début, et ça l’est toujours, mais ç’est parfois marrant aussi et cela a payé nos courses plus d’une fois. Mais le but principal c’est de me préparer à jouer devant un public en concert, comme le font certains joueurs de guitare classique.

 

Juliette DAUM

 

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